Compte-rendu du débat public Transition énergétique (8 mai 2019)

 

Une salle bien remplie, environ 200 personnes, une belle brochette de représentants politiques (David Clarinval – MR, Benoît Dispa – cdH, Philippe Henry – Ecolo) et de contributeurs à eChange (Pierre Crevits – Banque Nationale, Damien Ernst – ULg, Fernand Grifnée – Ores, Céline Tellier – Inter-Environnement Wallonie). Olivier Mouton (Le Vif) est, comme d’habitude, aux commandes pour faire apparaître des convergences, soutenu par Johan Condijts (LN 24).

 

Le débat, basé sur une synthèse des travaux d’eChange faite par Pierre Crévits, a conduit à quelques convergences fortes.

 

– Sur le diagnostic d’un problème réel par manque d’une stratégie claire traduite dans un projet de long terme suffisamment précis pour engager tous les niveaux de pouvoir belges et rassurer les investisseurs privés. « Ce qui a manqué depuis 20 ans : une vision à long terme et partagée » (tous les participants).

– Sur l’ambition d’arriver à mettre en place une telle stratégie, de façon transversale et avec tous les partis démocratiques, après les prochaines élections.

– Enfin sur des éléments fondamentaux de cette stratégie.

 

D’abord, sur la nécessité absolue de chercher à obtenir une diminution de la demande, « en particulier par un effort d’isolation des bâtiments » (Philippe Henry). Les pouvoirs publics doivent montrer l’exemple dans leur propre gestion immobilière et soutenir les efforts des particuliers et des entreprises, que ce soit par des subsides régionaux ou par des initiatives locales (exemple de Gembloux).

Ensuite sur les éléments principaux de la stratégie relative à l’offre d’électricité :

  • L’abandon du nucléaire est toujours voulu pour 2025, mais le maintien des deux unités de production les plus récentes quelques années de plus n’est pas un tabou si cette option s’impose pour obtenir une électricité moins chère et pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. « Ce débat doit être tenu et une négociation doit prendre place sur la répartition du coût de la transition » (Céline Tellier).
  • La production d’énergie renouvelable est une priorité absolue pour tous.
  • Comme elle ne sera ni suffisante quantitativement ni assez stable, il faut investir dans des centrales au gaz pour soutenir la couverture de la demande.
  • Encourager les productions locales et individuelles, mais insister sur le maintien d’une connexion au réseau, chacun devant participer à la mutualisation de l’offre et à la solidarité entre les zones les plus et les moins favorisées.

En matière de tarification, deux propositions semblent recueillir l’assentiment de tous :

  • Définir un package électrique de base auquel tout le monde a droit à un tarif accessible. Proposer des options payantes pour des usages complémentaires, depuis la voiture électrique jusqu’à la piscine.
  • Faire varier la tarification selon le moment de la journée, de manière bien plus fine que la différenciation jour/nuit.

Sur le plan international, deux efforts semblent justifier des efforts particuliers de la Belgique au sein de l’Union Européenne :

  • Promouvoir l’interconnexion de tous les réseaux : on peut par exemple trouver un win-win avec l’Afrique dans l’installation de centrales solaires dans les régions ensoleillées et la vente d’énergie à l’Europe. « Il faut mutualiser la production du renouvelable au niveau mondial ! » (Damien Ernst).
  • Exiger des autres grands blocs un effort plus vigoureux en matière de lutte contre le réchauffement climatique : « Le débat climatique belgo-belge n’impacte que 0,3% des gaz à effet de serre. Il faut financer Greenpeace en Chine ! » (Damien Ernst).

En conclusion :

« eChange est souvent vu comme un objet politique non identifié. Il montre aujourd’hui toute sa pertinence. Participer par les temps qui courent à un débat tourné vers les solutions nous change de nos habitudes et est très intéressant » (Benoît Dispa).

« Vous, les politiques, vous nous avez assez écoutés, nous les experts. Vous disposez de toutes les informations nécessaires. Il est essentiel que vous fassiez maintenant votre travail : il faut décider. Tracez-nous un cadre. Donnez-nous un rythme, des injonctions claires » (Fernand Grifnée).

« L’après 26 mai va être clé : les partis politiques doivent se mettre autour de la même table à travers tous les niveaux de pouvoir belges pour mettre au point la stratégie et le projet concret de transition énergétique » (Pierre Crevits).

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